Ski Magazine 162

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Edito

AU-DESSUS DES NUAGES


La montagne cristallise en même temps beaucoup d’espoirs et beaucoup de déceptions, des rêves et des cauchemars, des fantasmes et des idées reçues. L’épisode de non-ouverture des remontées à Noël a ainsi suscité bien des réactions, souvent épidermiques, parfois cocasses, plus largement inquiétantes. En effet, au-delà du séjour au ski d’une petite partie, ce qui était en jeu c’est surtout un mode de vie voué, quoi qu’il en soit, à disparaître, et qu’on voyait d’un coup, comme à travers un épisode de science-fiction, de téléportation dans le futur, servi devant nos yeux incrédules. Peu importe qui a raison, ce qui aurait dû être fait, tout le monde a un avis, je ne compte pas ici en rajouter. Ce qui me paraît symptomatique, ce sont les mots d’un moniteur de ski venu manifester à Bourg Saint Maurice fin novembre, « Si on ne peut pas travailler cet hiver, ça nous ramène 60 ans en arrière, quand on n’était personne et qu’on n’avait rien », qui faisait écho au discours de Vallouise d’un président récemment disparu, Valéry Giscard d’Es-taing, volontariste en 1977, affirmant que la montagne avait besoin de soutien mais pas de perfusion. Tout semble aujourd’hui à nouveau prêt à se jouer, et il est de bon ton d’être enthousiaste plutôt que défaitiste : le futur des hauteurs se joue de notre vivant, alors qu’on peut encore skier au-dessus des nuages et réfléchir à ce qu’on fera demain, des deux côtés de cette mer magique.

Mathieu Ros Medina
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